Séjour du 22 au 28 août
Samedi 22 août, un groupe de 9 ferratistes un peu endormis (4h30 !) mais motivés, quitte Annecy pour l’ouest des Dolomites. Nous sommes encadrés par Daniel et Rhémo. En route, nous nous arrêtons au nord de Trento, pour faire la via Rio Secco. C’est un canyon secret, dans la végétation, un peu mystérieux, avec des troncs ou des branches coincées dans des trous de rochers. L’ambiance est conviviale, joyeuse, et rigolarde comme elle le sera toute la semaine.
Le lendemain, à nous les Dolomites ! Nous commençons par la via Bepi Zac, une belle via de crêtes qui culmine au Castello di Costabella (2730m). Nous cheminons dans les vestiges de la 1ère guerre mondiale, alternance de tunnels, de cavités, de mini-casernements. Les lignes italiennes et austro-hongroises sont très proches. Inutile de dire que, pour les soldats, vivre là-haut dans des conditions très difficiles, était extrêmement dangereux et aléatoire. Dans une cavité qui servait d’observatoire, est installée une petite exposition de photos très impressionnantes : « Guerra a la guerra ». La 2ème partie de la via est un peu plus difficile, et la redescente dans un vaste vallon pierreux, délicate. Elle se termine par une cavalcade dans le pierrier avant de rejoindre les pâturages.
Lundi 24, départ pour la via delle Trincee (des tranchées) à partir du lac de Fedaia, avec vue sur la Marmolada juste en face. Via de crêtes également avec un temps idéal, juste quelques nappes de brouillard, passagères, en montant dans l’herbe. Beaucoup de monde, car le téléphérique arrive à côté. Départ assez vertical, qui fait faire demi-tour à un petit groupe devant nous. Nous sommes suivis par des polonais. Il y a encore des tranchées, des meurtrières et des tunnels en allers et retours d’un flanc à l’autre de la montagne. Ils sont bien fléchés sinon on se perdrait dans ces dédales obscurs.
J4, mardi 25, il pleut. Il faut souligner l’excellente cuisine que nous ont concocté Nicole et Claude en particulier. Le groupe fait honneur à tous ces plats mais catastrophe ! il n’y a plus grand-chose à manger ! Donc ravito le matin et nouveaux projets culinaires. Les éclaircies de l’après-midi nous permettent de descendre se balader autour du lac de Carezza où nous découvrons la légende locale avec la sculpture de l’Ondine dans le lac. Et nous apprenons qu’une très violente tempête «Vaia » a détruit en 2018 des dizaines de milliers d’hectares de forêts dans le Trentin-Haut-Adige.
Mercredi 26, le temps est à nouveau très beau, quelle chance ! Nous voilà repartis sur les vias. Aujourd’hui, direction la via passo Santner que nous rejoignons en téléphérique. Beaucoup de monde à nouveau sur ce cheminement mi-sentier, mi-via qui monte obliquement vers le passo Santner et son beau et grand refuge où nous prenons una cioccolata o un caffè. Paysage dolomitique extraordinaire avec les 3 tours de Vajolet juste en face. Redescente pas difficile mais il faut être attentif car beaucoup de touristes plus ou moins bien chaussés et expérimentés montent. Puis traversée plus sauvage pour rejoindre le passo delle Coronelle et redescendre à pied au milieu des vaches qui paissent tranquillement en liberté.
Jeudi 27, via Franco Gadotti ; cette fois-ci, on est tout seuls, montée raide, atmosphère chaude et humide (type hammam!) dans cette forêt où les champignons pullulent. Arrivée au bivouac Donato Zeni, et pause avant d’attaquer la suite, succession de sentiers raides ou de vias. Paysage sauvage à souhait : sur une épaule, un chamois broute en dessous de nous. Puis petite traversée avant d’arriver sur la crête. Notre troupe se divise en deux, les uns rejoignant un petit sommet sur notre gauche, les autres se reposant de la dure montée en plein soleil et admirant la vue. Tout en haut, les bouquetins sont là, leurs cornes se détachent dans le ciel. Après le repas, nous les rejoignons, et passons à côté d’un gros mâle, qui nous regarde et accepte placidement notre passage chez lui. Puis c’est un plateau herbeux (Sasso delle Dodice de Sass Aut.) et une redescente en via, prudente, car les rochers ne sont pas toujours bien stabilisés. Nous rejoignons ensuite le refuge Valaccia, mignon petit refuge, décoré, accueillant, où on se réhydrate, avant la longue descente dans la vallée.
Dernier jour, la via dei Finanzieri depuis Alba et qui monte au sommet Colac ; aérienne, pas très difficile, mais ce jour-là avec beaucoup de vent en rafales. Redescente en via dans les rochers et le vent. A peine installés dans le minibus, la pluie commence !!!
Le soir, délicieuses pizzas au restaurant.
Un grand merci à Daniel et Rhémo, de très belles vias, variées, dans de superbes montagnes. Et une ambiance au top !
Martine
























