3 et 4 Octobre 2026
Départ très matinal (5h30) pour cet incroyable périple-road trip-via conçu par Daniel et Rhémo qui nous conduira par étapes jusqu’au fin fond de la Drôme provençale. Première étape dans le Vercors, vers 8h pour un petit café à Saint-Agnan où l’épicerie-boulangerie-lien social est ouverte. Incroyable pain aux pralines et plein d’affiches qui témoignent de l’activité associative, culturelle et militante de ce plateau aux résistances multiples ! On y trouve même du saucisson, pour le plus grand plaisir de Daniel !
On enchaîne sur le Col du Rousset, on passe le tunnel et la vue s’ouvre sur tout le Diois ! La première via sportive Chironne (D et TD) nous attend juste après le col : gaz, surplomb, dévers longs et aériens au programme. On est seuls au monde ! Très belle paroi avec le premier passage de la Chandelle dans une fissure entre le massif et un beau monolithe tout en opposition, puis plusieurs surplombs déjà bien engagés avant la partie TD : raide et long devers très physique où les bras sont mis à rude épreuve (surtout si pas tendus !!) et où la vache est bien utile !! Vue magnifique sur le Vercors, Font d’Urle où les couleurs d’automne sont déjà bien présentes. Nous terminons la via en moins de deux heures, bien fatigués quand même et descendons pique-niquer à Die. Jour de marché et de fête agricole ! Difficile de résister à la clairette qui coule à flot mais il n’est que midi et on a encore un programme sportif devant nous. On déguste donc plutôt l’ail noir (ail blanc vieilli par fermentation) qui a, parait-il, toutes les vertus ! Pique-nique sur la place du village, ambiance festive et détendue, on dirait déjà le Sud !!!
On a un peu de mal à partir mais Daniel sonne le départ vers 13h15. En route pour la via du Pas de l’échelle (AD) au-dessus du tout petit village (58 habitants) de Chalancon (après vérification avec une habitante qu’on a eu la chance de croiser, on prononce bien comme on l’écrit sans cédille). La route est magnifique, escarpée et sauvage. La végétation change. Les premières oliveraies apparaissent. On entre vraiment dans la Drôme provençale. La via est une succession de vires et de murs raides mais sans grande difficulté. Comme son nom l’indique, on « traverse le ciel » pendant plus de 200 mètres, très aérien, et sans croiser personne !
On reprend ensuite notre road trip vers le sud, pour arriver vers 18h au village de Buis-les-Baronnies. Des collines recouvertes de buis, de pins sylvestres mais aussi d’oliviers aux couleurs argentées dont l’huile est très réputée ! Le lieu est vraiment magique avec la lumière du soir et la douceur automnale. On gagne notre hébergement pour la nuit, un ancien monastère avec un cloitre imposant. De la fenêtre on a vue sur le rocher Saint-Julien où se trouvent les vias du lendemain. Choix cornélien entre les 5 via proposées. On ne pourra pas tout faire, il faudra revenir !! Daniel et Rhémo tranchent en fonction des cotations officielles, on part donc sur la combinaison gris, bleue, rouge (D max). Le soir, on se régale avec un aïoli (!) et le délicieux raisin du cloître aux grappes ovales. Mais la soirée n’est pas finie !! C’est la fête des arts vivants au village, et on va profiter d’un concert africain, qui nous transporte directement, au son de la cora, au bord du fleuve Sénégal !
Le lendemain départ vers 8h pour profiter de la fraicheur du matin. La vue sur le village de Buis est splendide, on en prend plein les yeux en commençant par une via « la grise » assez facile qui nous met en condition. L’aventure se corse ensuite avec la bleue « La Testouriasso, la têtue » beaucoup plus athlétique et exigeante enchainant de nombreux passages un peu déversant ou verticaux. Un vautour nous observe du haut du rocher…On a la chance de le voir s’envoler juste au-dessus de nous ! Mais il faut rester concentrés car les passages engagés se succèdent !! On termine la via dans les temps et on enchaîne sur la rouge « La Thiousso, la Coriace » avec un peu d’appréhension quand même !! Elle s’avère finalement plus facile et très ludique avec des ponts népalais, ponts de singe, et passage dans des failles. Quelques pas athlétiques pour nous monter au sommet où le Mont Ventoux se dégage ! On redescend tranquillement vers 12h30 en pensant se poser mais ce n’est jamais fini avec Daniel qui a repéré une via qu’il ne connait pas à Lus la Jarjatte ! On reprend donc la voiture pour de nouvelles petites routes désertes et sinueuses, bercés par « Wind of Change » de Scorpions jusqu’à la Jarjatte où on arrive vers 15h30 !
Encore un paysage différent où les aiguilles nous rappellent les Dolomites. Superbe lumière de fin d’après-midi pour entamer cette belle via « La Berche, AD à D » sur un bord de crête face au hameau de la Jarjatte, assez tranquille sur la majorité du parcours. Les passages difficiles peuvent être contournés. Le passage par la Cheminée (D) est par contre très athlétique : petit surplomb court mais raide ! Un dernier pont népalais avant l’arrivée en haut de la Tour vers 17h, puis une descente douce dans la forêt. On quitte vers 18h en s’émerveillant évidemment devant le Mont Aiguille et la traversée du Trièves après le passage du col de Lus la croix-haute. Arrivée 20h30 à Annecy, on a déjà envie de repartir pour un grand road trip de toutes les via de France, de relire « Sur la route » de Kérouac ! Bref, un week-end qui nous a donné des ailes pour remplacer nos bras fatigués et nous a mis du baume au cœur. Encore une fois, on a pu bénéficier de l’incroyable générosité et goût du partage de Daniel et Rhémo que l’on ne pourra jamais assez remercier de ce qu’ils nous offrent.
Cécile
PS : ce compte-rendu a été écrit par un être humain sans aucune utilisation de l’IA !















