{"id":32504,"date":"2023-07-23T18:28:56","date_gmt":"2023-07-23T16:28:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/?p=32504"},"modified":"2023-07-25T09:46:33","modified_gmt":"2023-07-25T07:46:33","slug":"alpinisme-randonnee-glaciere-du-tour-mt-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/2023\/07\/23\/alpinisme-randonnee-glaciere-du-tour-mt-blanc\/","title":{"rendered":"Alpinisme &#8211; randonn\u00e9e glaciaire du Tour (Mt Blanc)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Tour de l\u2019Aiguille du Tour &#8211; 17 et 18 Juin 2023<\/strong><br><br>Membres de l\u2019aventure&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Pierre&nbsp;: le guide, l\u2019homme vers lequel tourner ses oreilles<\/li><li>Dominique&nbsp;: apprenti guide<\/li><li>Anne-Marie et Simone&nbsp;: la joie de la montagne<\/li><li>Maud la fonceuse et porteuse de corde<\/li><li>Marie-Ginette&nbsp;: photographe \u00e0 l\u2019accent qu\u00e9b\u00e9cois<\/li><li>Thomas : porteur de corde<\/li><li>Laure&nbsp;: retardataire dans la r\u00e9daction du compte rendu<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>JOUR 1&nbsp;: Mont\u00e9e au refuge Albert 1<sup>er<\/sup><\/strong><br>9H30&nbsp;: L\u2019\u00e9quipe et le mat\u00e9riel au complet, d\u00e9part du parking du M\u00e9t\u00e9ore \u00e0 Meythet. Les voitures filent vers Chamonix pour s\u2019arr\u00eater devant les remont\u00e9es m\u00e9caniques de Charamillon. Trois porteurs de cordes sont d\u00e9sign\u00e9s et alterneront la port\u00e9e de cette masse morte mais utile. Un t\u00e9l\u00e9cabine puis un t\u00e9l\u00e9si\u00e8ge nous permettent de prendre de la hauteur sans effort.<br>Apr\u00e8s une petite heure de marche et sous la menace des gargouillis des estomacs, la pause picnic est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e. Vue sur les montagnes, petit soleil tendre, les conditions pourraient \u00eatre pires&nbsp;!<br><br>Le repas aval\u00e9, l\u2019excitation nous remet en jambes. La marche est progressive et permet de nous habituer au poids des chaussures d\u2019alpinisme et de la masse de la corde. La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du trail n\u2019a pas sa place ici, s\u00e9curit\u00e9 avant tout. On bavarde tranquillement en faisant connaissance.<br>Au d\u00e9tour d\u2019un virage, une langue de glace appara\u00eet dans toute sa beaut\u00e9, puis la pointe de l\u2019Aiguille du Chardonnet, et enfin le refuge noir dont le contour se d\u00e9coupe clairement sur ce fond blanc. &nbsp;Les couleurs sont incroyables&nbsp;: le blanc de la neige chatouille le bleu profond couleur lapis lazuli de la glace. La masse rocheuse s\u2019\u00e9l\u00e8ve au-dessus de nous mais ne semble pas mena\u00e7ante sous le soleil \u00e9clatant.<br><br>Pour ma part, j\u2019observe pour la premi\u00e8re fois des seracs&nbsp;: ces gros monticules de glace qui s\u2019entrechoquent et s\u2019espacent. Sous l\u2019effet du vent, des ponts de neiges se forment et les relient. Ces m\u00eames ponts qui peuvent c\u00e9der sous notre masse et nous envoyer au fond d\u2019une crevasse. Ils n\u2019ont pas l\u2019air effrayants d\u2019ici et sont une mati\u00e8re \u00e0 comprendre la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019encordement.<br><br>14H30 nous posons nos sacs pour une \u00e9cole de glace pilot\u00e9e par Pierre, juste sous le refuge.<br>Au programme&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Apprendre \u00e0 arr\u00eater une chute sur glacier avec les crampons&nbsp;: le piolet bien cal\u00e9 contre son corps, on d\u00e9vale la pente sur nos fesses. Une fois qu\u2019on a pris suffisamment de vitesse, on se retourne les crampons en l\u2019air &#8211; pour \u00e9viter la culbute &#8211; et on plante le piolet dans la glace \u00e0 l\u2019aide de toute notre masse en poussant des gros cris (dont l\u2019utilit\u00e9 demeure encore incomprise). Si tout se passe bien, l\u2019arr\u00eat ne se fait pas bien loin&nbsp;!<\/li><li>Apprendre \u00e0 marcher avec les crampons en pente en faisant le canard \u00e9l\u00e9gant&nbsp;: fait&nbsp;!<\/li><li>Apprendre \u00e0 s\u2019encorder et \u00e0 marcher encord\u00e9s (encore plus complexe). Un n\u0153ud de 8 est \u00e0 la base de l\u2019encordement, cependant des subtilit\u00e9s sont \u00e0 noter en fonction de sa position dans la cord\u00e9e. En effet, les extr\u00e9mit\u00e9s de cord\u00e9e doivent pouvoir adapter la longueur de l\u2019encordement au type de terrain rencontr\u00e9. Il faut donc qu\u2019ils conservent des anneaux de corde autour de leur cou sans que ceux-ci ne les \u00e9touffent si un compagnon de la cord\u00e9e chute dans une crevasse.<ul><li>Pour les amateurs de facilit\u00e9&nbsp;: se mettre dans le milieu de la cord\u00e9e de trois. &nbsp;Un simple n\u0153ud de 8 vous relie \u00e0 vos deux autres compagnons de cord\u00e9e, sans avoir \u00e0 vous pr\u00e9occuper de longueurs de corde restante.<\/li><li>Pour les premiers et les derniers de cord\u00e9e&nbsp;: Pierre d\u00e9taille 3 techniques pour avoir des longueurs de cordes enroul\u00e9es autour du cou sans finir pendu. Partie encore non maitris\u00e9e et \u00e0 r\u00e9viser&nbsp;: n\u0153uds de cabestan et n\u0153ud de chaise sont \u00e0 la base.<\/li><\/ul><\/li><li>La longueur d\u2019encordement est fonction de la pente travers\u00e9e&nbsp;:<ul><li>En pente raide&nbsp;(n\u00e9v\u00e9 ou glacier) : encordement court pour stopper le plus rapidement possible la chute avant de prendre de l\u2019inertie.<\/li><li>Sur glacier en mont\u00e9e ou plat&nbsp;: encordement plus long que la distance moyenne entre deux s\u00e9racs (de l\u2019ordre de 10-15 m).<\/li><\/ul><\/li><li>Pierre nous donne les fondamentaux pour sortir une personne de la crevasse&nbsp;:<ul><li>Etape 1&nbsp;: stabiliser la position de la personne hors crevasse&nbsp;en faisant un corps mort (qui ne consiste pas \u00e0 enterrer le corps de quelqu\u2019un qu\u2019on n\u2019appr\u00e9cierait peu). Une tranch\u00e9e en T de l\u2019ordre de 40-50 cm de profondeur doit \u00eatre creus\u00e9e. On accroche un ficelou par un n\u0153ud d\u2019alouette au manche du piolet, qu\u2019on dispose ensuite dans la tranch\u00e9e. On recouvre cette derni\u00e8re de neige en tassant bien. On peut alors se suspendre \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du ficelou par un mousqueton en toute s\u00e9curit\u00e9.<\/li><li>Etape 2&nbsp;: essayer de remonter le crevass\u00e9 de la crevasse. Il faut maitriser le n\u0153ud du p\u00e9cheur et avoir du mat\u00e9riel appropri\u00e9. On ne d\u00e9taillera pas cette \u00e9tape \u00e0 pratiquer pour \u00eatre maitris\u00e9e.<\/li><\/ul><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>La t\u00eate remplie de n\u0153uds et de techniques et les yeux brillants de satisfaction, on prend la direction le refuge pour la soir\u00e9e.<br>Note Importante&nbsp;: Ne pas perdre son \u00e9quipement dans le tourbillon de vie qui s\u2019y installe. Astuce&nbsp;: personnaliser son matos.<br>Apr\u00e8s une installation sommaire, les membres de l\u2019\u00e9quipe se retrouvent autour d\u2019une table \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 r\u00e9viser les n\u0153uds (sous le regard amus\u00e9 de Pierre) et \u00e0 contempler le paysage qui rev\u00eat tout doucement les couleurs de la nuit.<br>19H30 la faim tire notre estomac et on attend avec impatience le service. Le repas est d\u00e9licieux et copieux&nbsp;: soupe, riz au b\u0153uf et petit g\u00e2teau\u2026 mieux qu\u2019\u00e0 la maison&nbsp;!<br>La fatigue s\u2019invite en m\u00eame temps que la digestion. Un dernier passage dehors&nbsp;: les derniers couchers de soleil disparaissent et on aper\u00e7oit des chamois remonter la pente pour aller se coucher.<br><br>21H30&nbsp;: allong\u00e9 dans le lit, droit comme une r\u00e8gle on attend Morph\u00e9e.<br>Notre plan de se coucher les premiers pour trouver le sommeil ne se d\u00e9roule pas du tout comme pr\u00e9vu. Les premiers compagnons de dortoirs arrivent ainsi que les premiers ronfleurs (des hors cat\u00e9gorie notons-le). Ne jamais perdre ses boule Quies dans le lit o\u00f9 vous serez cern\u00e9s au petit matin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>JOUR 2&nbsp;: Tour de l\u2019Aiguille du Tour et redescente dans la vall\u00e9e<\/strong><br>&nbsp;4H30&nbsp;: nuit blanche. \u00c7a va picoter. On se retrouve pour un petit d\u00e9jeuner silencieux encore dans les vapes de la nuit. Dehors, des lumi\u00e8res de frontale pr\u00e9c\u00e8dent le soleil et \u00e9clairent le glacier. Des alpinistes l\u00e8ve-t\u00f4t sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la montagne et offrent un moment intemporel. On suit les montagnards \u00e0 leurs frontales, zigzagant dans la nuit. C\u2019est beau.<br>30 min plus tard, les sacs all\u00e9g\u00e9s, le signal de d\u00e9part est donn\u00e9 pour nos 3 cord\u00e9es. Les crampons attaquent la glace encore solide \u00e0 ces heures matinales.<br>&nbsp;L\u2019avanc\u00e9e se fait sur un rythme lent, corde tendue et permet de se laisser bercer dans la beaut\u00e9 du paysage qui s\u2019offre \u00e0 notre regard.<br>&nbsp;Le contraste des couleurs est saisissant&nbsp;: La puret\u00e9 du blanc des glaciers meurt sur le gris des rochers. Les conditions ne sont pas accueillantes ici et l\u2019homme ne peut \u00eatre que de passage dans ce monde trop grand, incertain et peu accessible.<br>Tout comme le soleil, on s\u2019\u00e9l\u00e8ve doucement.<br>&nbsp;Un seul chemin pour atteindre le sommet&nbsp;: un couloir de roches mouvantes. Des rochers sont positionn\u00e9s en \u00e9quilibre, attendant d\u2019\u00eatre d\u00e9stabilis\u00e9s sous nos pieds. Le passage est perturbant et crispant&nbsp;: lourd avec le mat\u00e9riel, gauches avec nos grosses chaussures d\u2019alpinismes cramponn\u00e9es, nos gestes sont peu pr\u00e9cis, lents et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 se fait sentir. Le niveau de vigilance est \u00e0 son maximum. \u00c0 tout moment un rocher peut partir dans une direction al\u00e9atoire.<br>Nos crampons quittent le passage rocailleux et se posent \u00e0 nouveau sur de la glace, en territoire suisse. La montagne est continue l\u00e0 o\u00f9 les pays ne le sont pas. On est bien content d\u2019arriver et une pause est bien m\u00e9rit\u00e9e.<br>&nbsp;Le paysage est sublime. Les yeux grands ouverts, on contemple silencieux ces morceaux de montagnes et on s\u2019amuse \u00e0 les reconnaitre et les nommer&nbsp;: T\u00eate Blanche, Aiguille du Chardonnet \u2026 La temp\u00e9rature est douce. Un l\u00e9ger vent fouette nos visages et refroidit notre sueur.<br>&nbsp;Au pied de l\u2019aiguille du Tour, des alpinistes en queue attendent ou reviennent de l\u2019ar\u00eate. C\u2019est fou que dans des endroits aussi recul\u00e9s on retrouve des comportements de la ville. On passe devant eux sans s\u2019arr\u00eater. La glace se transforme d\u00e9j\u00e0 sous le feu du soleil. Il nous faut redescendre. La pente n\u2019est pas vertigineuse mais permet de mettre en place les bons gestes&nbsp;: plant\u00e9 du piolet en amont, crampon gauche puis crampon droit. On recommence.<br>Le retour au refuge se fait tout doucement. 12H30 le picnic est sorti, puis on entame la redescente dans la vall\u00e9e.<br>Les crampons dans le sac, on d\u00e9vale la pente. Les pieds chauffent dans ces grosses chaussures et on commence \u00e0 s\u2019imaginer autour d\u2019un verre de limonade bien fra\u00eeche.<br>Et comme nous sommes des gens qui r\u00e9alisons nos r\u00eaves, on cl\u00f4t cet incroyable WE montagnard dans un bar.<br>&nbsp;<br>MERCI PIERRE, c\u2019\u00e9tait SUPER&nbsp;&#x1f60a;,<br>Laure<\/p>\n\n\n\nngg_shortcode_0_placeholder\n<h3>Images li\u00e9es:<\/h3>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tour de l\u2019Aiguille du Tour &#8211; 17 et 18 Juin 2023 Membres de l\u2019aventure&nbsp;: Pierre&nbsp;: le guide, l\u2019homme vers lequel tourner ses oreilles Dominique&nbsp;: apprenti guide Anne-Marie et Simone&nbsp;: la joie de la montagne Maud la fonceuse et porteuse de corde Marie-Ginette&nbsp;: photographe \u00e0 l\u2019accent qu\u00e9b\u00e9cois Thomas : porteur de corde Laure&nbsp;: retardataire dans la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":172,"featured_media":32505,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[9,3],"tags":[],"class_list":["post-32504","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alpinisme","category-dernieres-sorties"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32504","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/172"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32504"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32504\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32505"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32504"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32504"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cafmeythet.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32504"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}